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Ne vous fiez pas aux Apparences

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Ne vous fiez pas aux Apparences

"On dirait de l'alcool, mais ce n'est pas de l'alcool" Cliquez pour voir la vidéo
« On dirait de l’alcool, mais ce n’est pas de l’alcool » Cliquez pour voir la vidéo

Il m’arrive fréquemment de rencontrer la situation suivante. Un développeur web, un web designer me présente fièrement l’interface qu’il a créée. N’étant pas UX Designer, il accepte volontiers la critique de ma part, mais lorsque je commence ma démonstration, celui m’interrompt et me dit : « Ce n’est pas possible que ne soit pas bien ça, je l’ai recopié sur Gmail » OU « J’ai fait comme sur Amazon ». Etc. On pourrait multiplier à l’infini les exemples. Auquel cas, il m’est très difficile d’argumenter et de le convaincre que ce n’est pas parce que c’est Google ou Amazon qui l’a fait que c’est forcément bien pour son interface.
Oui, mais voilà, ce n’est pas si facile à démontrer.

Pourquoi on ne peut pas imiter ce que font les meilleurs sites ?

Une interface est la résultante entre des données, d’une part, et un être humain, d’autre part. Elle permet, dans la plupart des cas, de voir ces données et d’agir dessus. En théorie, les humains sont tous faits de la même manière. Nous avons une tête, 2 bras, 1 bouche, 2 oreilles, etc. Mais la ressemblance est fortuite. Au delà de ces caractéristiques communes, il en est d’autres qui varient d’un individu à l’autre. Son âge, son sexe, son vécu, son expérience du web pour ne citer que celles là. Autrement dit, nous sommes tous pareils, mais pas complètement. D’où le métier d’UX designer qui doit savoir prendre en compte toutes ces caractéristiques et les composer au sein d’une interface. C’est à priori simple (et là j’entends déjà siffler le terme « bon sens » à mes oreilles), mais c’est, en réalité, compliqué.
C’est compliqué parce que chaque individu à ses habitudes, ses manières, ses tics, qu’il travaille ou surfe depuis un environnement différent, qu’il est concentré ou pas concentré. Bref, on ne peut pas se contenter de dire qu’une interface les unirait tous. C’est tout bonnement un contresens. Tous les sites webs, pour cette simple raison, ne pourraient déjà se ressembler.
Mais pour d’autres raisons, ils ne peuvent pas non plus se ressembler. Ils ne présentent pas le même type d’informations. Ils ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Leur programmation est différente. En prenant compte de tout cela, on se rend déjà compte qu’il va être difficile de recopier tout simplement ce qu’un site fait pour l’appliquer au sien.

2 exemples

Un des exemples les plus évidents de cela est par exemple la vitesse d’affichage des résultats de Google. Le Roi des moteurs de recherche est capable en quelques milli-secondes d’aller chercher dans des bases de données de plusieurs millions d’entrées et d’afficher des résultats (en tenant compte des données de l’utilisateur) à la vitesse de la lumière (en temps réel). Essayez de faire la même chose sans l’infrastructure informatique qu’il y a derrière et vous devrez rayer de votre carte la possibilité d’afficher en temps réel des résultats. Vous devrez trouver une autre solution, soit informatique, soit ergonomique, entre autres.
Autre exemple : le fameux menu de navigation vertical d’Amazon. Pourquoi un tel menu ? Parce qu’Amazon indexe dans sa base plusieurs dizaines (voire centaines) de milliers de produits dans plusieurs centaines (voire milliers) de catégories. Une menu disposé de manière horizontale, en terme d’ergonomie serait beaucoup moins commode (à cause de la longueur des libellés, du temps de lecture horizontal). Amazon a d’ailleurs abandonné le menu horizontal depuis longtemps. Mais si votre site ne propose que quelques dizaines de produits, devriez-vous utiliser le même type d’objet d’interface ? Certainement non. Ce serait comme utiliser un rouleau compresseur pour rouler de la pâte à crêpe.
Les exemples sont nombreux.
Bien sûr, il n’est pas interdit de recopier une interface de site. Mais cela revient un peu au même que de copier la carrosserie d’une voiture sans savoir ce qu’il y a dedans. Vous ne voyez qu’une partie de la réalité. Encore une fois, il faut bien le comprendre. Ce qu’on voit à l’écran n’est que la partie émergée de l’iceberg de l’expérience utilisateur.
Pensez-y la prochaine que vous copierez un site !